Dire au revoir

Cette année aura été celle où j'aurais le plus bougé.

J'approche le mode de vie que j'aimerais avoir plus tard, le voyage.

Cayenne (Guyane Française) , Paris (France) , Porto, Lisbonne (Portugal) , Milan, Piacenza (Italie) , Barcelone (Espagne), Oyapoque (Brésil), Paramaribo (Suriname)...

J'en raffole.

Vraiment, je ne trouve pas d'autre mots. Je me lance dans des recherches de jobs à l'étranger, de systèmes pour étudier à l'étranger, Skyscanner est juste là, dans mes Favoris, prêt à être consulté en un clic.

Je raffole tout simplement du fait de voyager, de voir de nouvelles choses, de nouvelles têtes, d'entendre de nouveaux sons, de nouvelles langues, de sentir de nouvelles odeurs.
La nouveauté m'attire et m'appelle.
La seule chose qui me fait y résister, c'est mon budget d'étudiante.


Là, à l'heure où j'écris, je suis à quelques jours d'un nouveau départ, pour un stage de deux mois au Portugal (encore le Portugal, eh oui..!) .
Je suis très heureuse mais pourtant.

Je commence aussi à peser les inconvénients d'une future vie de pigeon voyageur.

Les "au revoir".

Si je suis toujours hyper excitée à l'idée de rencontrer du nouveau people, j'ai aussi de la peine à leur dire au revoir.

Et c'est normal, je crois.





Mais en ce moment T, je me sens bizarre.

A peine ressortie d'une séance d'"au revoir" à Porto il y a un mois, j'y retourne, là, dans quelques jours, après une séance d'"au revoir" -numéro deux- ici, en Guyane, le pays que je quittais il y a huit mois.

Fin bon, c'est la couscoussière dans ma tête, je ne sais plus qui est ce que je reverrais dans "pas longtemps" et qui est ce que je ne verrais pas de si tôt, voir jamais, même si je m'efforce à ne pas utiliser ce mot.
Ma notion du temps aussi est chamboulée. Je ne sais plus si au revoir veut dire on se revoit dans sept mois ou dans quelques années.

C'est quand même super étrange comme sensation.

D'avoir des visages, gravés en tête, comme ça. Visages auxquels j'associe une anecdote, une histoire. Puis l'histoire passe à une autre, sans connecteur logique.
Avec d'autres visages, d'autres histoires.

Finalement, c'est peut être ça le majeur inconvénient de la vie de pigeon voyageur. Dire au revoir mais ne pas savoir quand, ou même si on reverra la personne.



Surtout que bon, je ne suis pas célibataire. (on touche le point sensible ahah)

Le fait est qu' il ne partage pas du tout la même vision du voyage que moi : lui serait plus dans un voyage de loisir, de tourisme, alors que je préfère les voyages plus permanents, genre lorsqu'il y a une installation, une vie active (études ou travail) etc.

Pour être franche, ça me court carrément sur le haricot. Parce que je n'avais pas prévu que ça puisse autant créer des heurts.
Même si je ne suis pas engagée dans un mariage ou autre appellation officielle, je suis quand même avec quelqu'un.
Et il ne se garde pas de me le rappeler, de me mettre les barres sur les T en me rappelant que je ne peux plus réfléchir pour moi toute seule.

Parce qu'il a besoin de plans précis, de savoir où je serais l'an prochain, ce que je ferais, pour savoir comment on pourrait faire.
Alors que moi...
Je ne sais même pas où mon pied sera posé. Il y a neuf mois je rêvais de l'Australie et des civilisations autochtones qui y vivent. Il y a trois mois, intriguée par la culture canadienne, je ne me voyais pas faire mon Master ailleurs que là bas.
Et là, amoureuse du Portugal, je pense à y aménager pour un an.

Bref. Ma tête voyage avant même mon corps, et ça, le copain a du mal à comprendre, et à l'accepter.

Je le comprends parfaitement. Qui veut d'une copine qui veut voyager le plus souvent possible ?

 Les personnes qui aiment et aspirent à voyager peuvent rebuter lorsqu'il s'agit de commencer une relation. Elle va jamais se poser un jour celle là ?!



Et ça me rend triste. Je n'avais vraiment pas prévu ça.

Donc en plus de cette appréhension des "au revoir",  j'ai aussi des peurs.
Peur de faire mal à la personne avec qui je suis, peur qu'elle ne comprenne pas. Peur aussi de me bloquer par rapport à cette relation, de ne pas assez penser à moi, finalement.
Parce qu'après tout, j'ai 21 ans dans quelques mois. Je ne peux pas me mettre trop de barrières, surtout si je veux faire des voyages une partie intégrante de ma vie.

Mais j'ai aussi peur de penser trop à cette envie de voyage, et de me retrouver incapable de me poser avec quelqu'un

Je sais que beaucoup diront "hé ! Tu es jeune, profite !". Ce fameux "profite" qui sous-entend "fait ce que tu dois faire, évite les regrets".

Je veux bien, sauf que je ne suis pas comme ça. Je n'arrive pas à faire abstraction des autres dans mes choix, même s'il m'a souvent reprochée d'être égoïste, je ne le suis pas.

Alors oui, j'ai envie de bouger !

Mais il faudrait que je fasse des choix, peut être que je dois mettre de côté l'idée d'être en couple pour une certaine période ?

Je ne sais pas.

En tout cas, ça me fait du bien de savoir que je reprendrais l'avion dans quelques jours !


Toujours positiver, n'est ce pas ?

C'est une chance de voyager, et je suis ravie d'en bénéficier.


Bisous !



Commentaires